III- ) les moyens de faire baisser le taux de dioxyde de carbone dans l'air

2) Le piégeage du dioxyde de carbone dans des formations géologiques

Nous avons donc vu qu'il y avait de très nombreuses solutions afin de réduire les émissions de dioxyde de carbone dans l'atmosphère. Nous pouvons aussi piéger le dioxyde de carbone déjà présent dans l'air.

a) Les forêts

déforestation

La déforestation constitue un piégeage négatif. Planter et faire pousser plus de forêts permettrait d'absorber le dioxyde de carbone présent dans l'atmosphère. Ce phénomène ne se produit que pendant la phase de croissance de la forêt. Une fois parvenue à maturité, celle-ci maintient son équilibre en absorbant et émettant un volume égal de dioxyde de carbone. Les sécheresses et les feux de forêts peuvent perturber le piégeage.

forêt dévastée

b) les formations géologiques


La valorisation marchande du dioxyde de carbone récupéré est intéressante, mais son potentiel reste faible. Une option émergente, dont le potentiel n'est pas encore évalué à l'heure actuelle, consisterait à utiliser le dioxyde de carbone pour la récupération assistée du gaz naturel dans les veines de charbon en profondeur. L'injection de dioxyde de carbone chasse le méthane des couches de charbon. Selon certaines estimations, pour chaque molécule de méthane récupérée, deux molécules de dioxyde de carbone sont absorbées. Des études préliminaires indiquent qu'aux Pays-Bas, il serait possible de récupérer par cette méthode 7 500 milliards de mètres cubes de gaz naturel. Ce qui implique un potentiel de stockage de 4 GtC pour les seuls Pays-Bas.
Les gisements épuisés de pétrole et de gaz naturel représentent un potentiel de stockage bien supérieur. Les estimations s'échelonnent entre 130 et 500 GtC, selon la quantité de pétrole ou de gaz récupérable.
Le piégeage du carbone consiste à empêcher le CO2 d'atteindre l'atmosphère ou d'y rester. Le CO2 pourrait être capturé et stocké dans des formations géologiques tels que des puits de pétrole épuisés ou les profondeurs océanes. Des études sont en cours mais aucune expérience de grande envergure n'a encore été réalisée afin de lever les incertitudes techniques liées à cette solution.

c) le rôle des océans

Dans le cas de l'injection en couche aquifère, la fourchette est encore plus large: de 90 GtC à plus de 1000 GtC. La capacité de stockage serait de 220 GtC pour l'UE et la Norvège. L'évacuation dans le sol est une méthode parfaitement viable pour stocker de très grandes quantités de dioxyde de carbone. Selon toute probabilité, le CO2 pourrait être retenu pendant des millions d'années.
L'océan représente lui aussi un immense réceptacle potentiel pour le dioxyde de carbone; il en contient déjà près de 40 000 GtC. En fin de compte, il absorbe plus de 85% du CO2 rejeté dans l'atmosphère. L'évacuation directe en mer ne ferait qu'accélérer un processus naturel qui, pour être continu, n'en est pas moins lent. Dans les estimations du potentiel de stockage, l'hypothèse haute trouve sa limite dans l'augmentation maximale tolérée de l'acidité de l'eau de mer, soit une modification de 0,2 de son pH (acidité).

océan

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